J’ai été en prison

26 juillet 2006


Non je n’ai tué personne (en fait oui, mais personne ne sait chuuuuuuuuuut). Mais, j’ai été prendre quelques photos d’une messe dans la chapelle d’une prison. Plus une petite visite de celle-ci

Hier quand tout à commencé
Tout a vraiment commencé à bouger hier (cfr le message ci-dessous). J’ai donc appelé, le pasteur Smith, le pasteur de permanence à la prison. Ça tombait super bien, puisqu’aujourd’hui il y avait une messe. Dans un premier temps, il m’a un peu effrayé avec toute une série de démarches administrative. Hier, j’ai dût passer un coup de fil, à la personne responsable des relations publiques (les gens dont le métier est d’empêcher les journalistes de travailler en liberté) pour les prisons de l’Alabama. M. Relation publique voulait que je lui envoi un email, afin qui de pouvoir le soumettre à je ne sais quelles commissions afin de couvrir ses arrières, ce que j’ai fait. Évidemment, dans l’administration avoir une réponse pour le lendemain équivaut à demander la lune. Donc, je n’ai pas eu le feu vert de monsieur j’empêche les journalistes de tourner en rond. Le pasteur était sensé attendre ce feu vert aussi. Heureusement, il a appliqué le bon vieux proverbe « qui ne dit mot consent ».

Le rendez-vous
J’avais rendez-vous à 11h00 avec Pasteur Smith dans une sorte de restaurant. Rien que ça valait le détour. C’est un lieu qui a son petit succès mais glauque à mourir. Il est situé que le bord d’une route que l’on pourrait comparer à une nationale en France. Le grand panneau qui indique le nom du restaurant est en fin de vie. Ensuite à l’intérieur, il y a de place pour accueillir facilement une centaine de personnes assises. Le tout est éclairé par quelques néons qui n’ont plus la vigueur de leur jeunesse. L’air conditionné est poussé à max ce qui fait que le contraste entre l’intérieur et l’extérieur doit être au alentour des 10 °c. C’est le genre d’endroit qui me donne le cafard dans la seconde. Toutefois cela ne semble pas affecter l’affluence du lieu. Après cette pause lunch, nous nous dirigeâmes vers la prison.

Interlude vestimentaire

Au moment de rentrer dans la prison, le pasteur avait omis de me préciser que les shorts de son pas admis dans l’établissement. J’étais évidemment en short. Impossible de passer outre cette règle stupide (sûrement un coup du lobby « pro-pantalons »). J’ai donc dût me carapater le Wal-Mart local et m’acheter le pantalon le moins cher (15$ ce qui doit faire plus ou moins 12 euros, des fois on les aime bien ces grandes surfaces qui exploitent les petits Chinois). Après cet interlude vestimentaire j’ai pût enfin rentrer dans la prison.


La messe
Celle-ci a commencé par des chants gospels chantés de manière superbe par un cœur composé de prisonniers. J’ai donc commencé à prendre des photos. Avec toutefois une restriction, si je prenais une photo de face, le prisonnier devait ensuite remplir un formulaire dégageant la prison de ses responsabilités. Heureusement, un détenu était chargé de faire remplir ce papier à ses petits camarades. Je vous laisse imaginer la situation absurde ; moi qui essaye de capter à ma modeste manière « des instants décisifs » et dès que le bouton était pressé, le détenu en charge des formulaires de plonger sur sa proie pour lui faire remplir le dit formulaire. Cela m’a évidemment un peu limité, mais je pense avoir quelques bons clichés sur la soixantaine que j’ai pris.


La prison
Après ça j’ai eu droit à une petite visite guidée de la prison. Malheureusement je n’étais pas autorisé à photographier en dehors de la Chapel. C’est con, parce qu’il y un bâtiment qui abrite des « faith based dormitory » (les dortoirs basés sur la foi) avec notamment un coin prière. En gros, il s’agit de personnes sélectionnées par le pasteur qui y ont droit. Leur succès vient du fait qu’en général, les prisonnier dans ces dortoirs sont plus respectueux les uns des autres (car on peut aisément imaginer que les éléments les plus turbulents ne seront pas sélectionnés par le pasteur). La prison est composée d’une série de bâtiments, chacun affecté de deux dortoirs de plus ou moins 50 lits superposés. Dans l’entrée du bâtiment il y a un local rond qui permet au gardien de surveiller tout le bâtiment. Les différentes pièces étant essentiellement séparées par des vitres. Même les toilettes sont vitrées. Il y a donc une absence totale d’intimité. J’ai aussi visité l’infirmerie, pas folichon. Même si dans l’ensemble les bâtiments étaient plutôt propres. Pour rien au monde je ne voudrais séjourner entre ces murs, ne fusse qu’une nuit. Qu’il n’y ait donc plus jamais, une espèce de réactionnaire au cerveau ramolli pour me dire que les prisons maintenant, c’est devenu de véritable hôtel. C’est vrai que luxe suprême il y a une télé par dortoir… (Avec ce qui passe à la télé je me demande si ce n’est pas une torture déguisée). Encore un détail, 65% de la population carcérale est noir et qu’on ne vienne pas me dire que c’est génétique.

Publié par Tom à 18:08 0 commentaires